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Qu'ai-je aimé dans cette vie que j'aurai tant aimée ? C'est une question que chacun de nous, à moins de se résigner à passer pour un veau, doit bien finir par se poser. Il y a dans toute existence au moins deux interrogations auxquelles se mêle un peu d'angoisse. L'une au début : "que faire" ? Elle m'a tourmenté jusqu'aux larmes. L'autre à la fin : "qu'ai-je donc fait" ? Jean dOrmesson
Ma vie a fini par se confondre avec les livres que j'ai écrits. Il y a eu quelques amours qui ont compté plus que tout. Il y a eu, sur terre et sur mer, sur la neige, dans l'imagination et en songe, un tourbillon de plaisirs. Il y a eu les livres. Et puis, rien. Aime et fais ce que tu veux. Ecris des mots: c'est tout. Jean dOrmesson
Peut-être Bach et Mozart composaient-ils des cantates et des airs d'opéra pour exprimer leur joie. Peut-être les peintres peignent-ils parce que le monde est beau. Je crois que les écrivains écrivent parce qu'ils éprouvent du chagrin. Je crois qu'il y a des livres parce qu'il y a du mal dans le monde et dans le coeur des hommes. Personne n'écrirait s'il n'y avait pas d'histoire. Et le moteur de l'histoire, c'est le mal. Jean dOrmesson
A mesure que se gonfle, dans l'océan de ce que nous ne savons pas, la sphère de ce que nous savons, le nombre de points de contact entre savoir et ignorance croît proportionnellement. Le savoir avance de plus en plus vite vers une question ultime qui recule plus vite encore. C'est une course éblouissante et perdue d'avance, une guerre toute faite de victoires qui s'achève en défaite et en aveu d'impuissance. Le ver de l'échec est dans le fruit du savoir. La science ne cerne jamais qu'une illusion de réponse. Elle démonte tous les "comment" ? qui s'emboîtent en abîme. Elle échoue devant le "pourquoi" ? qui parviendrait seul à mettre fin au manège. Jean dOrmesson
Le monde change, bien sûr, mais un de ses traits ne varie pas: tant qu'il y aura des hommes, ils aspireront à autre chose. Autre chose que ce qu'ils ont déjà, autre chose que la vie de chaque jour, autre chose que la vie tout court. Ils ne vivent, chacun le sait et l'éprouve, que de rêves et d'espoir. Ils n'ont pas fini de rêver. Jean dOrmesson
Beaucoup se plaignent du présent: l'avenir est au moins aussi rongé de doutes que le présent. Qu'est-ce qui reste? Pas grand-chose. Malgré la science ou à cause d'elle, malgré le progrès ou à cause de lui, nous sommes guettés par une absence d'espoir. Par trop de choses qui se réduisent à rien. Par un néant surpeuplé. On peut s'y faire. On a du mal. Regardez autour de vous. Jean dOrmesson
Nous sommes la proie depuis toujours de deux tentations symétriques et funestes: l'angélisme et le désespoir. Au-delà d'un optimisme et d'un pessimisme également sans fondement, la vie a toujours été et sera toujours une souffrance - et elle est un miracle: elle est une fête en larmes. Jean dOrmesson
La mer à mes pieds me parle de l'écume. C'est un ciel peut-être qui bouillonne de joie. Un clocher invisible carillonne en silence pour ne pas réveiller les moutons endormis.Ma bergère en riant s'invite dans ma brume. Un fleuve, en secret se jette dans les bras d'un delta. La nuit joue de la cornemuse. La musique est de toi, les paroles de moi.Des gosses d'Aubignane dansent aux éclats. Un poète aux milles livres les suit de sa plume.C'est regain aujourd'hui. Cupidon fait rémouler ses flèches. Joel Grenier
Cette muse attendait que s'envole la page, les cheveux au printemps, à deux doigts de l'ivresse, le velours de sa robe épousait, encor sage, une rime à l'offrande en manque de tendresse. Elle était assise sur la table des rois et son corps arrondi comme un creux de virgule entrouvrait le chemin aux murmures maladroits. Le soleil dans le roux se croyait crépuscule.Qu'elle est longue, la muse, au milieu de ce ciel Où les fleurs en s'ouvrant inventent des raisons. Un poète un peu fou écrivait l'arc-en-ciel D'un début de poème et la fin des saisons. Joel Grenier
Tout droit, longtemps, jusqu'à toi, jusqu'au ciel. Labourer les nuages pour que germe le printemps dans les rais de lumière. Un seul être dans le fond et une bordée de charmes pour jouer avec le soleil à la caresse des ombres. Jeu de coeur, je demain et et toi déjà dans les caches de l'amour à te montrer telle, à te découvrir. Sur une route sans fin, nous irons en riant retrouver nos débuts. Joel Grenier
Je suis le charlot sur le quai, les temps modernes ne passent plus. Et je me penche sur mon demain pour mieux te voir. Que les phrases sont longues où les mots piétinent, où le verbe à perte de vue gaspille le temps. Et je regarde l'encre qui sèche, la plume en l'air, comme un oiseau qui plane à vouloir trop voler. Je suis l'impatiens qui fleurit, le rien qui voudrait tout et puis l'audace qui n'ose rien. Je suis le vide qui t'attend. Je suis l'attente qui me vide. Joel Grenier
Elle arriva chez nous, c'était un jour d'azur. Sans doute qu'un printemps savait déjà son nom pour l'avoir entendu, en secret de ramure, chanté par les oiseaux venus du Parthénon. Les chevaliers du vent qui la voulaient pour flamme allumaient leurs désirs au feu de son jupon quand son corps s'élançait, oh la belle oriflamme qui joue avec la Terre au jeu de cache-tampon. Si, de loin, l'horizon la prenait pour la mer, vague bergère bleue qui veille à ses moutons, un poète, de près, la savait éphémère comme un oiseau de feu dansant sur les tisons. Joel Grenier
Tu vois ? C'est loin, c'est trouble et ça monte dur ! C'est ton devenir que tu as devant les yeux. Et les bras t'en tombent à te savoir si petite pour faire le chemin. Et tu auras des larmes, et tu auras des rires, quelquefois les deux mélangés. Des peurs dans ton coeur, des rubans dans tes cheveux qui changeront de couleur pour se fondre dans tes rêves. Tu vois ! C'est loin, c'est trouble et ça monte dur et au bout de la route, puisses-tu te reconnaître humaine toujours, libre encore un peu ! Allez ! Bon voyage au milieu des autres ! Joel Grenier
Sur un arbre penchant, un soleil s'est levé. Il avait froid, le tremble, à s'envahir de vide.Il se sentait geler.Il avait peur, le pin, les aiguilles arrêtées aux heures d'hiver. Chenu chêne, tu t'enchaînes. Tout t'entraîne à perdre tes racines. Sur un arbre penché, un soleil au levant invente de nouveaux jours. Il revit, le charme, il s'honore de bourgeons. Et s'il est maintenant blanc, c'est pour attendre noël. Joel Grenier
Heureux celui qui, connaissant tout le prix d'une vie douce et tranquille, repose son coeur au milieu de sa famille ! Michel de Montesquieu
Khalil Gibran
La sagesse n'est pas dans les mots. La sagesse est dans le sens qu'ils contiennent. Khalil Gibran
Alphonse de Lamartine
La colère consume et n'illumine pas. Alphonse de Lamartine
L'homme porté sans cesse à se flatter est aussi content de lui-même qu'il l'est peu de son état ou de sa fortune. David Augustin de Brueys
Désirer de faire le bien est un sentiment assez commun parmi les hommes, mais il en est peu qui le mettent en usage : l'exécution d'une bonne action dépend plus de l'état où se trouve le coeur, que de la disposition de l'esprit ; et presque toujours le mal règne avec plus d'empire dans le coeur, que le bien. David Augustin de Brueys
Rien ne nous est plus proche que le temps. Pour chacun d'entre nous, le temps est aussi proche que la vie, aussi proche que le monde, aussi proche que nous-mêmes. Il est au plus intime de ce que je suis et de ce que vous êtes. Nous pouvons, avec de plus en plus de facilité, nous déplacer dans l'espace. Nous sommes rivés au temps et à notre temps. L'espace est la forme de notre puissance. Le temps est la forme de notre impuissance. Nous sommes les maîtres de l'espace. Le temps est notre maître. Jean dOrmesson

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